CRAPES MALI

Actions syndicales et les enjeux socio-économiques au Mali : quelles perspectives d’avenir ?

22 Déc

Actions syndicales et les enjeux socio-économiques au Mali : quelles perspectives d’avenir ?

Le Mali d’aujourd’hui, présente une rencontre de plusieurs faits, situations, aussi mauvais et dangereux les unes que les autres à un moment, ou un sentiment de déception, de désillusion et de désespoir gagne le cœur de plus d’un malien. En effet, le Mali, plus que jamais vit sa survie sur tous les plans, politique, économique et social. On se débat dans un bourbier d’insécurité, de mauvaise gouvernance, avec un système éducatif de plus en plus remis en cause, un front social en ébullition dû notamment, à la grève de plusieurs syndicats, éducation, administrations publiques et aujourd’hui des transporteurs.

Cette grève des transporteurs, est malheureusement à l’image des grèves précédentes, dont les professeurs de l’enseignement supérieur, des magistrats et les agents du secteur de la santé, démontrent, si besoin en était de l’incapacité d’une part, du gouvernement à être proactif dans le maintien d’un climat social apaisé, d’autre part, de son sérieux dans le suivi des engagements issus des négociations avec les différents corps sociaux de notre pays.

Cette inertie du gouvernement a pour première conséquence de radicaliser davantage les positions des syndicats, en instaurant une sorte d’imitation, on a en effet, l’impression, qu’aujourd’hui au Mali, pour se faire entendre, écouter et respecter, il faut aller à l’extrême, appliquer des méthodes radicales. Ce constat bien triste traduit de ce fait l’inaptitude du gouvernement en place à prendre la mesure de la frustration des maliens quel que soit le secteur de développement économique et social.

L’économie, qu’elle soit fermée ou ouverte, est un circuit qui englobe trois principaux secteurs, primaire, secondaire et tertiaire. C’est l’interaction entre ces derniers qui détermine le niveau de productivité, et donc de la croissance économique d’un pays donné. Le transport est une partie constituante du secteur tertiaire. Il est d’une habitude de constater l’importance du tertiaire et donc du transport, dans la répartition de la croissance sectorielle au Mali. Depuis bientôt six ans, le secteur primaire, qui est la locomotive première de l’économie malienne (autour de 40 pc.), se fait talonner par le secteur tertiaire (37-38 pc.), et cela, grâce aux rebonds de la télécommunication, mais aussi et surtout du transport.

Deux éléments essentiels suffissent pour décliner l’importance du tertiaire dans l’économie de ce pays. D’abord, parce que trop dépendante de l’agriculture (primaire), et donc des aléas climatiques, il convient pour instaurer une croissance économique durable, de construire une base solide, et le secteur tertiaire peut être un substitut, ainsi le transport l’élément catalyseur. Ensuite, parce que le Mali est un pays importateur de plusieurs autres produits, dont le carburant, les matériels de construction, les machines, mais aussi et surtout, des produits alimentaires, dont les oranges, les pommes, les poissons, les thés, le lait….. La grève des transporteurs, signifie à long terme pénurie de ces produits de premières nécessités. Et un des principes fondamentaux en économie, est que lorsqu’un produit existe en quantité limitée, la demande de ce produit excède son offre et son prix tend à la hausse. Une augmentation de prix engendre une diminution de pouvoir d’achat des consommateurs, et donc augmentation des crispations sociales.

Par ailleurs, ces grèves induisent des pertes colossales dans le budget public. C’est donc, un manque à gagner pour l’Etat dans la mesure, où ces secteurs étant en arrêt d’activités, réduiront les charges financières en vue de maintenir leur niveau de profit. Nous savons aujourd’hui que sur le plan des prélèvements fiscaux pour la période de l’année 2017, l’Etat accusera encore un grand déficit, puisque nous sommes à 500 milliards de FCFA, contre 800 milliards de FCFA initialement prévus. La dette étant un stock constitué par les flux que sont les déficits, cette dernière (la dette) se découvre également augmentée, et exposera davantage la génération future à une possible crise de dette.

L’heure est donc d’une gravité pesante, tous les indicateurs non seulement sociaux, mais aussi et surtout économiques confirment que le Mali est sur une voie dirigée vers un océan dangereux, le risque de se noyer est palpant. L’alternative ne peut venir que du peuple. C’est à la population de prendre son destin en main dans les fait et agissement, de faire peser ces questions nombreuses dans les urnes, d’exiger aux gouvernants une meilleure condition d’existence.

Le devenir de la République, c’est maintenant !

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