CRAPES MALI

Elections de 2018 : redonner aux maliens leur droit d’espérer un avenir plein de bonheur et de richesses intérieures

14 Fév

Elections de 2018 : redonner aux maliens leur droit d’espérer un avenir plein de bonheur et de richesses intérieures

 

Maliennes et Maliens, aujourd’hui, le Mali est entre une mort certaine et une possibilité de régénérescence, notre période de révolution s’est transformée à une révolution de période. Historiquement, jamais ce pays n’a été aussi proche de la chute soutenue et durable, et la RESPONSABILITE incombe à tous, sans distinction de rang ou statut social. Aujourd’hui, le bien être dans toutes ses formes, matérielle, physique, mentale et passionnelle sont absentes dans le quotidien du peuple malien dans son écrasante majorité. Cette société a besoin d’une métamorphose, d’un grand Changement, et pour y arriver, ses fils doivent commencer à constater, rappeler le passer, retenir des leçons pour pénétrer le futur.

La tristesse d’être malien : le peuple est assis au bord du fleuve en ayant soif ,

Le Mali dispose d’un potentiel énorme et hors en termes de capital naturel. Sa terre regorge du manganèse, du phosphate, du fer, mais également du pétrole. Ces dernières années, il fut le troisième producteur d’or en Afrique derrière le Gana et L’Afrique du Sud, avant de discuter l’année passée ce rang avec le soudan. De surcroit, son espace géographique est gigantesque en matière de terre cultivable, avec plus de 43 000 000 hectares. Sur la base des estimations du département américain à l’agriculture (l’USDA), le Mali grâce à son régime de pluviométrie bienséante, est redevenu le premier producteur de coton avec 1 million 330 balles de fibre blanche, soit 90 000 balles de plus que l’an dernier, c’est ainsi qu’il supplante le Burkina Faso dans ce classement, devenant premier producteur de coton en Afrique de l’ouest. Le taux de croissance économique de 2017 est de 5,3 p.c., faisant donc ce pays le troisième pays économique dans la zone UEMOA avec 2023 milliard de FCFA, derrière le Sénégal et la Cote d’Ivoire. Le Mali avec l’Office du Niger, peut selon les statistiques, nourrir en riz toute l’Afrique de l’Ouest.

Nonobstant, le programme des Nations Unis qui lutte contre la faim (PNUD), dans son classement avec son Indice de Développement Humain (IDH), fait figurer ce pays dans la liste des 15 pays les plus pauvres au monde. Le taux de pauvreté vacille autour de 49 p.c., et plus de 2,5 millions des maliens sont menacés d’insécurité alimentaire. En fin 2017, il y avait plus de 140900 maliens déplacés, répartis entre le Burkina, la Mauritanie et le Niger. Le taux de chômage, selon la Banque Mondiale est estimé à 9,7 p.c. pour l’année 2017. Aujourd’hui, l’insécurité est au paroxysme de l’inquiétude.  Depuis la rébellion de 2012, plus de 2500 personnes ont perdus la vie, dont au moins 80 personnes en mois de janvier 2018. Au sein des forces de sécurité, l’inquiétude est grandissante. Entre l’abandon des postes par des gendarmes au nord et la vidéo d’agent déplorant les mauvaises conditions de travail des forces de l’ordre, le peuple malien ne sait plus quel sort lui est réservé.

La corruption, dans toutes les catégories de la fonction publique, le népotisme et le clientélisme dans l’octroi des marchés publics, tous fruits de la mauvaise gouvernance, sont devenus aujourd’hui une culture malienne. Le rapport fracassant récent du vérificateur général, faisant état d’un manque à gagner de 70 milliard de FCFA sur la période 2013-2015, et cela, en inspectant que seulement cinq services publics en témoigne amplement. Nombreux sont les maliens qui n’hésitent pas à montrer leur fierté d’avoir volé l’argent public.

La chute libre de la culture politique et l’inconscience passive du peuple expliquent ces malheureuses situations,

Toutes ces situations tristes et fâcheuses découvrent leur explication d’une part dans le politique et, d’autre part, dans le peuple. Dans l’homme politique parce que, le malheur se manifeste dans l’affaiblissement des compétences du personnel politique malien, dans leur mépris ignorant du peuple, dans l’appauvrissement de la culture politique malienne. Si la politique n’a de noble valeur que dans l’action, les Hommes politiques maliens de notre époque ne savent plus agir pour le peuple, ils sont d’une incompétence politique qui frise le ridicule, leur rendant ainsi impuissants et inopérants.

Dans le peuple, parce que le peuple demeure perpétuellement dans l’inconscience passive. Dans son écrasante majorité, il rêve mal, il somnole, il nourrit un désintérêt trop souvent pétri d’insouciance, d’un recul ignorant, face à des évènements qui, avant tout doivent susciter des discussions, des débats, des révoltes. Le peuple minimise son pouvoir d’action, d’exigence, de contrainte sur l’autorité politique. Ce peuple en grand nombre, s’ennuie !

Elections de 2018 : redonner aux maliens leur droit d’espérer un avenir plein de bonheur et de richesses intérieures ,

C’est au sein de ces tragédies maliennes, ces situations sécuritaires et économiques exécrables, soutenues par une descente en enfer d’une éducation tant sociale qu’académique, que se profilent les élections présidentielles qui auront lieu dans exactement cinq mois. Plus que jamais, les défis sont pesants et les enjeux majeurs. Tout candidat qui se veut à la hauteur des circonstances, doit avoir dans son projet de société ces grandes lignes :

  • Responsabiliser la fonction présidentielle et redonner plus de crédit au statut d’homme d’état ;
  • Plutôt que par compassion, diriger en termes de compétences. En finir avec les postes accordés sur la base des affinités ;
  • Diminuer les charges de l’Etat, et cloisonner certains ministères pour éviter les doublures de fonction ;
  • Redynamiser les institutions de l’Etat pour les rendre encore plus fonctionnelles ;
  • Re-offrir aux maliens leur droit d’espérance, d’être optimiste, d’imaginer un devenir paisible, stable ;
  • Reconquérir tout le Mali dans ses 1 241 238 Km2 ;
  • Restaurer la tranquillité dans le quotidien de tous les fils du pays ;
  • Faire de l’éducation académique un service accessible à tous ;
  • Adapter la formation du capital humain aux attentes du marché de travail ;
  • Mettre en place une structure de suivi des sortants de l’université pour leur accompagnement et intégration dans le marché de travail ;
  • Pour une diminution du taux de chômage, favoriser l’investissement publique tant en matière des consommations finales des ménages, qu’en termes d’infrastructures routière et ferroviaire. Stimuler le secteur privée par des réformes fiscales adaptées aux conditionnements et attentes des investissements étrangers ;
  • Moderniser davantage le secteur agricole et passer sérieusement à l’industrialisation de l’économie,
  • Parce qu’épuisables, s’appliquer pour une gestion rigoureuse et valeureuse des capitaux naturels ;
  • Etant cruciaux pour un processus de production efficace et une croissance économique soutenue dans le long terme, faciliter l’acquisition des capitaux physiques et développer une politique d’optimisation dans leur utilisation ;
  • Refonder une pensée civilisationnelle, basée sur les valeurs véritables du malien afin de montrer au monde entier, l’image du Mali vrai de par sa valeureuse culture ;

Pour réussir ce Mali vrai, la jeunesse doit passer à la conscience active,

L’engagement et la détermination citoyens de la jeunesse sont plus que sollicités. Qu’on se détrompe, si on pense que ce mouvement d’accession à la magistrature suprême, incarné aujourd’hui par le jeune Président Français, Emmanuel Macron (40 ans), est étranger à notre société. Modibo KEITA, le premier président du Mali, n’avait que 45 ans en 1960, l’année de la proclamation de l’indépendance du Mali. Historiquement, ce sont les jeunes qui ont toujours rendu au Mali son honneur et sa dignité.

De surcroît, au-delà de l’âge, c’est quoi être jeune ? Victor Hugo, le célèbre poète français, en son temps nous disait que « la jeunesse, est le sourire de l’avenir devant un inconnu qui est lui-même ». L’Humain, depuis la nuit des temps, ne fait qu’apparaitre. De ce fait, nous demeurons toujours des inconnus pour nous même. Rien n’est très concret ni exact chez l’Homme, ni ses raisonnements, ni ses calculs, ni ses émotions et sentiments. C’est pourquoi un Homme de 100 ans demeurera toujours jeune,  s’il est capable d’avoir en lui le sens de son devenir et de sentir qu’il ne se connaitra jamais assez. Au Mali, dans les débats de notre époque, plus que jamais, la jeunesse doit continuer de façon intense à apporter sa voix dans le chapitre de la construction de la nation, de se dire que l’Etat, c’est aussi en partie sa jeunesse. Jugée parfois à tort inexpérimentée, elle doit comprendre que l’expérience s’acquiert par la force de l’action. De sortir derechef de cette inconscience passive, pour une conscience active capable de penser son avenir. D’éviter de se distraire, de se disperser. Il convient, pour sa réussite, qu’elle se fédère autour d’une boussole, d’un idéal partagé par des valeurs et principes communs.

Nous sommes à un tournant qui peut déboucher exactement sur deux voies possibles. La première est celle la plus pessimiste, c’est de finir dans le brouillard, sans perspective de retrouver le bout de la lumière. La seconde, plus optimiste, dont je me force de cultiver, est un Mali nouveau, une classe politique plus responsable et sensible des causes publiques, une jeunesse consciente et citoyenne, un pays de paix, de tranquillité et de tolérance. Comme le disait Alphonse de LAMARTINE, si « l’Homme est DIEU par la pensée », le temps de la pensée vraie est arrivé. L’action nait dans la pensée. Pensons bien pour le salut d’un Mali encore meilleur!

 

DEMBELE Khalid,

Économiste Chercheur CRAPES MALI

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